La Prison de l’urgence

Couverture: La Prison de l'urgence

Où se le procurer

Format papier

Format électronique

Synopsis

Néo-Narcisse est la nouvelle forme sociale montante, la nouvelle figure qu’emprunte l’individu pour s’insérer — et tenter de prospérer — dans un monde de plus en plus extrême. Un monde où il lui est difficile d’inscrire des projets dans la durée, de s’ancrer dans des appartenances durables et de s’appuyer sur des représentations du monde qui font autorité pour comprendre son univers et faire face au déluge d’informations qui lui tient lieu de connaissance.

Pour Néo-Narcisse, la situation est différente de celle où se trouvait son lointain prédécesseur, le Narcisse de la mythologie grecque. Ce dernier, prisonnier de l’amour de son reflet à la surface de l’eau, finissait par y tomber et se noyer.

La noyade qui guette Néo-Narcisse est différente. Dans le monde industrialisé qu’il habite, le miroir pour ainsi dire naturel que constituait la surface de l’eau a été remplacé par des miroirs culturels et sociaux. Ce qui s’offre à Néo-Narcisse, quand il veut se rassurer sur son identité et sur le sens de sa présence dans le monde, c’est le double miroir de la consommation valorisante et du regard des autres. Et c’est là, dans cette consommation et dans ce regard, qu’il risque de se perdre.

Spectateur anxieux de lui-même, voué à capturer le regard des autres, Néo-Narcisse est condamné à se donner en spectacle… dans un univers qui manifeste lui-même une dimension de plus en plus spectaculaire, et dans lequel une quantité croissante de spectacles s’offrent pour le divertir.

C’est donc sur fond de spectacle permanent que s’orchestre le spectacle de sa vie… et qu’il tente de faire sa marque. Même si, pour cela, il doit établir ses quartiers dans la prison de l’urgence.

Extrait

Feuilletez cet ouvrage

Presse et critiques

  • Michel Lapierre, «Le Narcissisme à l’ère de Facebook», Le Devoir, 16 mars 2013.
  • Éric Dupont, «Le Québécois, cet amnésique», L’Actualité, 1 avril 2013.
  • Ianik Marcil, «Se noyer dans le miroir des autres», Huffington Post Québec, 18 décembre 2013.
  • Jean Barbe, «Après moi le déluge», Journal de Montréal, 2 décembre 2012. p 55.

Commentaires

  1. Irène Durand

    J’apporte 2 livres en vacances dont  » La prison de l’urgence « . J’aurai tout le temps de saisir l’actualité et la profondeur de cette réflexion car je ne serai pas dans l’urgence. Quand j’étais enseignante au Cégep de Rimouski j’étais condamnée à me donner en spectacle. Ce temps est-il révolu pour moi ? Fin avril je commenterai l’ouvrage.

  2. Irène Durand

    Monsieur J.J.Pelletier
    Votre essai atteint son objectif : Il m’a fait réfléchir. J’avais l’impression de voir (lire) un patchwork qui permettait plusieurs interprétations. Mon commentaire qui se veut succinct procédera de la même façon.
    1. Néo-narcisse un système digestif
    Le modèle-type dont vous faites la démonstration est un véritable système digestif incapable de supporter un petit creux dans l’estomac. Il doit constamment consommer (n’importe quoi) pour combler ce vide. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’un pourcentage important de la population peut remplir matériellement et virtuellement ce vide intérieur inhérent à la nature humaine.
    2. Liberté-égalité-fraternité
    Des trois slogans de la Révolution française, l’idée de liberté (mythe moderne) fut gagnante parce qu’elle se conjugue parfaitement avec le libéralisme économique. Par ailleurs l’expérience mondiale démontre qu’aucune théologie ou philosophie n’a réussit à convaincre les individus qu’ils sont tous égaux. Par contre l’idée de fraternité se manifeste dans l’univers du spectacle et du divertissement. Les figurants ont changé depuis la Grèce et la Rome antique mais le phénomène social demeure. La différence fondamentale c’est la diversité des réseaux de plaisir et de consommation. Ainsi la foule peut vibrer à l’unisson et sortir de son isolement momentanément.
    3. Méritocratie
    Suite aux révolutions dites démocratiques c’est l’idéologie méritocratique qui s’est imposé. Ainsi l’aristocratie fait place à cette nouvelle idéologie qui permet à néo-narcisse de jouir sans entrave et sans culpabilité. Conforté par la publicité : « parce que je le vaut bien ».
    4. Évolution du regard
    C’est avec l’apparition de l’appareil photo que le peuple a eu droit à la représentation de son identité physique singulière. Ce privilège accordé jadis aux classes dominantes s’est alors démocratisé. Ainsi « l’œil de Dieu » qui voyait tout fut substitué par le regard de l’autre, des autres. Cette révolution du regard n’est pas terminée. Toutefois, nous savons que les individus les plus représentés deviennent des stars et que l’espèce d’autorité que représente ce statut est très enviée. Ce mode de représentation, grâce à la technologie, modifie totalement les hiérarchies sociales telles qu’elles existaient avant cette révolution.
    5. Boudhisme et mode
    La notion d’impermanence du boudhisme convient à néo-narcisse parce qu’elle correspond parfaitement au concept de mode qui par définition est faite pour se démoder.
    6. Fuite/jeu
    Les mécanisme biologiques de la fuite, inscrits dans le système nerveux de l’homo sapiens (expliqués par Henri Laborit) prennent de nouvelles formes. L’incapacité à faire face au réel pousse néo-narcisse non seulement à consommer du spectacle, il est aussi un joueur : loterie, casino, sports, cartes, scrabble, jeux questionnaire, jeux video, jeux informatiques de toutes sortes, etc.
    Néo-narcisse est sans doute condamner à s’instruire en s’amusant. Un jeu traitant des archétypes traités dans le livre pourrait sans doute intéresser néo-narcisse à la condition que le processus permette d’établir un gagnant.
    Les grands maîtres du jeu s’amuseront sans doute, à leur façon, avec leurs algorithmes, codes secrets d’initiés, auxquels le commun des mortels n’aura pas accès.

Laissez un commentaire sur cette page

Votre adrelle ne sera pas publiée.


*