Autrefois la marque du terrorisme et des mouvements politiques radicaux, l’extrême devient la nouvelle normalité, tant pour les individus que pour les groupes. N’est digne d’intérêt que ce qui est extrême. N’est désirable que ce qui est extrême. Partout le message est le même : dans les médias, sur les écrans et sur les scènes, au musée et dans les stades, dans les cours d’école et les cliniques d’entretien en tout genre … N’existe que ce qui est extrême.
À partir de ce panorama de la montée aux extrêmes, l’auteur tente de repérer des cohérences, d’identifier des logiques et de dégager des tendances ou des évolutions. Une hypothèse sert de guide à cette lecture: celle que la vie occidentale, autant dans sa réalité quotidienne que dans l’image qu’en propose l’univers du spectacle, est structurée par quatre logiques : celles de la drogue, du cancer, de la délinquance et de la pornographie. Ainsi s’expliquerait la quête de l’intensité qui semble être, pour de plus en plus d’Occidentaux, le coeur de la recherche du bonheur: une fébrilité permanente, dans tous les aspects de la vie, qui permettrait d’oublier la perte de sens. Frénésie myope et agitation à courte vue … Serions-nous en voie de devenir des taupes frénétiques?
Extrait: Introduction: L’extrême comme normalité (Adobe Acrobat, 225Kb)
Parution: 29 Mars 2012, aux éditions Hurtubise
Ce qu’on en dit:
- Marie-Claude Fortin, «La vie en miettes», La Presse, 31 mars 2012, Cahier Arts, p. 4.
- Catherine Lalonde, «Homo distractus: l’homme du XXIe siècle», Le Devoir, 31 mars 2012, F1-F2.

ce que JJP raconte est pour moi mes lunettes pour une lecture de la societe je crois qu’il faut ecouter ce qu’il ecrit,merci
Salut JJ!
J’ai goûté chacune des idées et des démonstrations de votre essai. J’y ai pris plaisir malgré le constat difficile auquel vous arrivez. La société occidentale telle que vous la décrivez sous l’angle de la montée aux extrêmes constitue à mon sens un remarquable compte rendu qui, pour moi confère à un regard objectif de la situation.
Je trouve toutefois ironique que la parution de votre ouvrage a précédé la grève des étudiants de si peu. En effet, cette grève qui dure depuis 12 semaines au moment d’écrire ces lignes me réjouit dans la mesure où elle pallie au vide que vous décrivez en parlant de la disparition du lien de solidarité. Assistons-nous au début de quelque chose comme l’apparition d’un nouveau paradigme? Et qui ne sera pas récupéré tout de suite et sans effet? On se le souhaite.
Sans invalider quoi que ce soit de votre constat sur le sujet, j’espère davantage que la société que vous avez si justement analysée se transforme sous nos yeux, comme un retour exaspéré du balancier dont l’autre extrême historique se trouve après la Deuxième Guerre pendant les Trente Glorieuses. Et que cette transformation jette les bases de quelque chose comme un humanisme technologique pragmatique.
Cela dit je vous ai écrit parce qu’il est difficile parfois d’avoir autour de soi des interlocuteurs qui n’ont rien à cirer d’une conscience historique et qui non seulement se méfie des gens instruits (parce qu’il cultivent la curiosité et l’amour d’apprendre ce qui est mon cas) mais ont vite fait de les condamner.
En cela cher JJ, je vous remercie, et continuerai de vous lire.